Dans les montagnes de l’Atlas 2016 -17

La plupart des berbères vivant au Maroc, je suis allé à leur rencontre dans le village de Tinefgam, qui se situe dans le Haut Atlas marocain à près de 2000 mètres d’altitude. Celui-ci n’est pas répertorié par Google Map, et pour y accéder, il faut parcourir à pieds une route cahoteuse pendant trois heures. Les villageois vivent soit dans les maisons construitent en pierre et de terre cuite ou bien dans des grottes aménagées qui parsèment les crêtes et les collines abruptes du territoire. Ce sont des peuples paisibles, animés d’une force tranquille. Pourtant, ce sont les oubliés du gouvernement qui les marginalise à dessein. Aucune infrastructure n’est mise en place pour assurer leur santé ou leur éducation ; il n’y a ni dispensaire, ni école, pas même l’électricité. Mais les berbères sont indépendants. Par leur connaissance profonde de l’environnement et leur savoir-faire, ils parviennent à s’auto-suffire en travaillant la terre, en élevant des chèvres… Leur mode de vie est intiment lié au territoire qu’ils habitent et s’organise au jour le jour suivant le rythme de la nature. En dépit des conditions de vie précaires, il règne dans le village une atmosphère chaleureuse, familiale. Les femmes y occupent une place centrale, car les hommes sont pour la plupart, partis travailler sur d’autres terres. Elles sont ainsi devenues les gardiennes de la mémoire vive, des traditions et de la culture amazighe.

Je me suis également rendu dans le village de Timetda dans la province de Tinghir, où j’ai retrouvé la même philosophie de vie qu’à Tinefgam. Ces deux villages sont assez similaires dans leur mode de fonctionnement et leurs principes. Bien que Timetda soit plus facile d’accès du fait de sa situation en bord de route et que certains foyers disposent de l’électricité, les villageois se sentent aussi ostracisés et ignorés par les pouvoirs locaux. Comme les berbères de Tinefgam, ils sont profondément attachés à leurs traditions et revendiquent avec détermination leur identité que composent la culture et la langue amazighes. Il s’agit bien là d’un acte de résistance contre l’assimilation et l’oubli à lesquelles ils sont assignés. L’espoir et l’avenir de ces peuples reposent tout entier sur la transmission aux générations futures des valeurs de cette culture millénaire. Il est aussi primordial de préserver leur terre des convoitises incessantes qui les menacent depuis des siècles.

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